Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

7
août 2008
****Emmanuel Dongala, « Jazz et vin de palme ».
Posté dans Dongala Emmanuel, _ CONGO _ par Hervé à 4:51 | Pas de réponses »

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Dans « Jazz et vin de palme », Emmanuel Dongala dénonce les régimes totalitaires qui sévissent sur son continent, l’Afrique. Ses critiques sévères visent principalement les autocraties communistes. L’auteur est plus sensible à ces dictatures, car étant Congolais, il a vu son pays asservi par Sassou Nguesso, le dictateur rouge devenu entre-temps le champion du libéralisme politique de façade. Un règne de Sassou Nguesso qui s’est soldé par un conflit régional extrêmement meurtrier et de nombreux crimes de guerre. Emmanuel Dongala témoigne par l’écriture acérée de sept nouvelles rassemblées dans un recueil, « Jazz et vin de palme » les horreurs des dictatures. Dans ce dessein, l’écrivain utilise les situations cocasses pour ridiculiser les potentats. C’est ainsi qu’un des membres du parti est exclu et puni pour avoir consulté un sage qui lui a fourni des amulettes ; un acte qui est une injure au régime matérialiste et marxiste du « Père fondateur de la Nation, le Guide éclairé, le Rénovateur, le grand Timonier, le Président à vie, le Maréchal chef suprême des forces armées et Père bien aimé du peuple ». Avec l’instauration de ce régime politique, l’administration se développe, telle une plante maléfique et anthropophage. Confrontés au despotisme, au népotisme, les citoyens n’appartenant pas au parti communiste courbe l’échine. D’autres tentent d’y être acceptés comme ce vieux qui va de gaffe en gaffe lors d’une cérémonie présidentielle ; un personnage qui nous rappelle « le vieux nègre et la médaille » de Ferdinand Oyono.

Emmanuel Dongala nous offre ainsi un écrit coloré de fatalisme, d’aigreur, et peut-être d’un espoir ténu. Quoi qu’il en soit, « Jazz et vin de palme » est un livre à se procurer d’urgence.

À noter que la dernière nouvelle « A love suprem » est en rupture avec les précédentes. L’auteur fou de jazz consacre ses dernières pages au grand Coltrane, une invitation émouvante et passionnée à s’évader des horreurs… Si c’est possible !


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