Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

7
août 2008
***Ken Saro-Wiwa, « Sozaboy ».
Posté dans Ken Saro-Wiwa, _ NIGERIA _ par Hervé à 5:11 | 3 réponses »

sarowiwasozaboy.jpg 

Ken Saro-Wiwa de nationalité nigériane nous dépeint avec Sozaboy, le destin de Doukana, un village du Biafra en guerre civile. En dépit de cette menace marquée du sceau de l’atrocité et se faisant de plus en plus proche, le quotidien des habitants de ce petit bourg continue comme si de rien n’était. L’auteur prend pour exemple le destin de Méné, apprenti chauffeur, qui tel le Candide de Voltaire incarne l’innocence. Les seules préoccupations de Méné sont de devenir riche avec la fin de son apprentissage et de se marier avec Agnès. Mais cette dernière lui impose une condition, être un temps militaire pour que son autorité soit reconnue dans le village. Par l’accomplissement de cette condition, au naïf Méné succède un homme détruit par la guerre… Tout comme son village et ses habitants qui sur les routes fuient les combats. L’innocence n’est plus. Ken Saro-Wiwa donne à son œuvre une dimension particulière par la langue utilisée dans la version originale, “un anglais pourri” : un mélange de pidgin, d’anglais et autres idiomes. La version française reprend avec bonheur, semble-t-il, ce style et cette écriture bigarrés. En dépit d’un thème guerrier largement repris, Ken Saro-Wiwa donne à son roman une dimension dramatique originale.


Fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse.

3 réponses:

  1. Françoise Hervé écrit:

    Je trouve ce roman bouleversant et unique en son genre.S’il ne devait y avoir qu’un livre pour montrer l’absurdité de la guerre, c’est celui là que je choisirais, le destin subi par ce pauvre Méné qui ne comprend rien à ce qui lui arrive, enrôlé dans un combat qui le dépasse et qui dépasse d’ailleurs aussi ses compatriotes .Et cette écriture en anglais pourri, dans toute sa naïveté, renforce encore cette impression .Enfin, quand on connait le destin atroce de l’auteur ensuite, on ne peut être que chamboulé !

  2. Bonjour Yves.
    Merci pour tes commentaires.
    Sozaboy est un roman unique. Ignard que je suis, je n’ai pas lu Ulysse de Joyce. En quoi Sozaboy te rappelle l’univers du Château de Kafka ?
    Hervé

  3. yves écrit:

    Aux dernières nouvelles, Sozaboy ne serait plus édité en France et c’est bien dommage. Car c’est un livre de grande dimension, à la fois sur la forme et sur le fond. Entre les pérégrinations drolatiques du début et les réflexions oniriques et métaphysiques de la fin, il y a un monde. Ce livre est extraordinaire. Pour ma part, je le situe quelque part à côté du Ulysse de Joyce et du château de Kafka (même si cette proximité ne veut pas dire grand chose) – disons que pour ce qui me concerne, il me paraît tout aussi essentiel et important. Si Dieu me demandait de sauver un livre, je prendrais celui-là.

Laisser un commentaire

Lire, Voir, Ecouter... |
mespetitsmotspourtoi |
جولة... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hédonisme et Existentialisme
| Les mots de passage
| Ma vie litteraire