Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

7
août 2008
**** Mongo Beti, « Remenber Ruben ».
Posté dans Mongo Beti, _ CAMEROUN _ par Hervé à 5:52 | Pas de réponses »

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Avec « Remember Ruben », Mongo Beti nous fait partager sa lutte farouche contre tout colonialisme. Dans ce dessein, il emploie une écriture concentrée, féroce et sans concession. Le déclic de ce récit s’opère dans la rencontre de Abena, habitant du village Ekoumdoum et de Mor-Zamba, un étranger qui suscite la méfiance et le rejet des villageois. Unis par une forte amitié, les deux jeunes gens quittent le village. Mais, leurs routes vont emprunter des chemins sinueux qui les sépareront. Ainsi, Mor-Zamba, après avoir été raflé par les colons pour du travail obligatoire, échappe à ses joailliers et vient se dissimuler dans Kola-Kola, la ville noire, un bidonvilles qui entoure la principale cité blanche, Fort-Nègre. À l’abri des policiers, qui ne font que rarement des tournées dans Kola-Kola, Mor-Zamba d’un aspect naïf et rustre du campagnard qu’il est se voit petit à petit aspiré par l’agitation anticolonialiste et la guérilla urbaine. Tout comme ses compagnons de guerre, il vénère la tête pensante et le combattant extraordinaire du mouvement d’indépendantiste qui se révèle être Abena. Mongo Beti dénonce une nouvelle fois l’universalité du colonialisme. Toutefois, par une lecture entre les lignes, nous devinons que le champ d’action du roman est le Cameroun. En effet, avec le titre de son écrit, Ruben, l’auteur dédie officieusement ces pages au combattant indépendantiste et communiste qu’était Ruben Um-Nyobé. Ce dernier syndicaliste et responsable de l’UPC (mouvement communiste) mena des actions militaires contre le nouvel état soi-disant indépendantiste dirigé par « l’Ivrogne » c’est-à-dire le premier président du Cameroun, Ahidjo, soutenu par la France. En dépit de l’assassinat de Ruben um-Nyobé en 1958, l’UPC continuera sa lutte armée pendant de nombreuses années.


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