Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

7
août 2008
***Nurruddin Farah, « Sésame, ferme toi ».
Posté dans Farah Nuruddin, _ SOMALIE _ par Hervé à 6:14 | Pas de réponses »

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Après « Du lait aigre-doux » et « Sardine », Nurruddin Farah nous présente avec « Sésame ferme-toi » le dernier roman sur le thème d’une dictature africaine. Ce troisième volet est consacré à un vieil homme, Deeriye, qui avant de mourir fait le bilan de son existence ; une vie tourmentée et étroitement liée aux bouleversements de son pays, particulièrement sous le régime totalitaire du Général. À l’instar des volets précédents, Nurruddin Farah dénonce avec fatalisme les mécanismes de la dictature et les caractéristiques propres à la société Somalienne la favorisant. Parmi ces dernières, nous retrouvons comme facteurs aliénants certains principes galvaudés de l’islam, les rivalités tribales, le népotisme et les coutumes séculaires répressives et liberticides à l’image des victimes que sont les femmes. Deeriye va plus loin dans son analyse du fonctionnement propre à toute tyrannie : maintenir les barrières de l’ignorance, nourrir les Somaliens avec des fausses informations, etc. Dans ce portrait de la peur et de la délation, critiquer la gestion du pays est une trahison. Seul Khaliif, le fou, se permet de faire part de son opinion ouvertement sur la place publique. Pour les sbires du Général, ce n’est qu’un fou de plus ! Et pourtant les habitants de Mogadiscio prêtent de plus en plus attention à ses paroles. Le fou du roi pourrait être les prémisses à la destruction de la chape de plomb. Ce roman est explicite dans le fond. Toutefois, dans sa forme, comme pour les deux volets précédents, sa lecture reste difficile. L’écriture est très austère. Un style qui accentue ce sentiment d’oppression et d’asphyxie propre à la dictature dans ce désert somalien.


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