Ballades et escales en littérature africaine

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7
août 2008
**** Tierno Monénembo, “L’aîné des orphelins”.
Posté dans Tierno Monenembo, _ GUINEE _ par Hervé à 6:36 | 7 réponses »

tiernomonnembolandesorphelins.jpg 

Tierno Monénembo, Guinéen, nous offre une nouvelle fois une perle romanesque comme ce fut le cas avec son ouvrage « Peuls ». Mais cette fois–ci l’écrivain quitte l’épopée historique. Sa plume, grave, prend un sentier oh combien plus terrible, le génocide rwandais de 1994. Sa démarche est particulière. Tierno Monénembo ne fait pas une approche frontale des massacres. Il saisit le destin d’un jeune désœuvré de quinze ans, Faustin, dont il décrit son parcours avant puis après le génocide. Cet orphelin, adulte avant l’âge comme des milliers d’enfants laissés à l’abandon, survit de larcins et d’autres bricoles du même genre dans une bande de resquilleurs. Mais Faustin se démarque des autres par son cynisme cruel et sans remords qu’il porte sur ses congénères. Prêt à tout pour gagner quelques dollars, sa différence entre le bien et le mal est totalement absente de sa moralité pervertie. En dépit de mains secourables qui tentent de l’éloigner de ses vices et des menaces qui attendent tous les gamins de la rue dans une société délabrée, Faustin les refuse ancré qu’il est dans une pensée destructive et fataliste. Attendant son exécution dans le couloir de la mort pour un crime crapuleux, il se remémore sa vie au village faite d’insouciance avant que le génocide ne survienne. Tierno Monénembo nous offre avec ces pages les perditions d’une société qui se doit d’être reconstruite en dépit de ses traumatismes cauchemardesques.


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7 réponses:

  1. Dijibril CAMARA écrit:

    Tierno Monénembo, le moins qu’on puisse dire, apparaît aujourd’hui comme une figure des plus représentatives de la littérature africaine francophone. Avec Ahmadou Kourouma, Williams Sassine et Sony Labou Tansi (qui sont de sa génération), Monénembo toujours porte un regard cynique sur l’Afrique contemporaine depuis ses premiers romans. Dès lors, il se révèle un écrivain de l’Histoire et de la mémoire. Sa verve stimulante traîne toujours le lecteur au bout de ses oeuvres. C’est là la qualité extraordinaire de cet écrivain guinéen aux postures voltairiennnes.

  2. Dijibril CAMARA écrit:

    Tierno Monénembo, le moins qu’on puisse dire, apparaît aujourd’hui comme une figures des plus représentatives de la littérature africaine francophone. Avec Ahmadou Kourouma, Williams Sassine et Sony Labou Tansi (qui sont de sa génération), Monénembo a toujours porté un regard cynique sur l’Afrique contemporaine depuis ses premiers romans. Dès lors, il se révèle écrivain de l’Histoire et de la mémoire. Sa verve stimulante traîne toujours le lecteur au bout de ses oeuvres. C’est là la qualité extraordinaire de cet écrivain guinéen aux postures voltairiennnes.

  3. niouma écrit:

    Un excellent roman qui se lit très vit. Il met en lumière sans retenue les atrocités, les violences de la guerre au Rwanda et nous permet de percevoir les évènements non véritablement d’un point de vue historique mais davantage dans la perception qu’un enfant peut avoir de la guerre. Un enfant à la fois désespéré et aspirant à la vie, auquel on s’attache des les premières pages.
    Je recommande vivement la lecture de ce livre
    (comme celle du blog d’ailleurs :) )

  4. Bonjour Marie-Thérèse.
    Tout comme toi, je considère Tierno Monénembo comme un très grand écrivain.
    Que de passions, de sensibilités dans ses œuvres.
    Malheureusement je serais bien en peine de te fournir des contact n’en ayant aucun.

  5. Marie Thérèse écrit:

    récit à la fois touchant et intéressant.Chapeau à l’écrivain!j’aurais été ravie si je pouvais avoir ses coordonnées son roman m’a inspiré….

  6. Nicolas écrit:

    Excellent roman, très fort et en même temps d’une lecture très fluide. Incontournable.

  7. C’est un récit tout à fait boulversant de par sa simplicité et sa sobriété du point de vu stylistique et scriptural.Faustin est un garçon qui, ayant vécu toutes sortes de vilennies pendant le génocide sombre dans le cynisme et devient à son tour dénué de toute humanité.c’est un récit que je vous recommande vivement.Un autre roman tout aussi cruel que celui de Monénembo;Murambi, le livre des ossements de Boubacar Boris Diop.Avis auw ames sensibles; s’abstenir

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