Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

25
oct 2008
**** Tierno Monénembo, « Peul ».
Posté dans Tierno Monenembo, _ GUINEE _ par Hervé à 2:04 | 12 réponses »

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Tierno Monénembo, Guinéen, est l’un des écrivains les plus remarqués sur la scène littéraire francophone. Cette réussite qui dépasse le continent africain repose tant sur la qualité de sa prose que sur la profondeur et pertinence des sujets abordés. Avec son roman intitulé tout simplement « Peuls », Tierno Monénembo livre une nouvelle fois un précieux ouvrage où il s’impose la gageure de narrer l’épopée des Peuls en moins de quatre cents pages. Les Peuls sont un peuple pastoral qui au fil des siècles vont se tailler dans le sang des empires parmi les plus grands et les plus complexes dans le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. En outre, les Peuls vont être parmi les missionnaires les plus zélés de la religion musulmane dans cette partie du continent à partir du XVIIe siècle environ. Narrant les origines mythiques de ce peuple dans la vallée du Nil, c’est à partir du XIVe siècle que Tierno Monénembo lance sa fresque historique et la termine à la fin du XIXe avec le joug des puissances coloniales européennes qui entérine la chute du régime théocratique peul. L’auteur s’attelle à une odyssée fantastique et dramatique qui prend cœur dans une saga familiale ou plus précisément dans une rivalité de lignage où deux clans nobles se battent pour la reconnaissance de leur primauté respective. Trahisons, crimes, fraternités retrouvées dans le sang face à des ennemis communs, ses adorateurs de Guéno, divinité à l’origine de toute vie, réussissent au XVIe siècle à hisser les bases d’un immense empire où de simples pâtres il deviennent souverains sur de nombreux peuples auxquels jusque-là ils étaient asservis. Mais ces adorateurs de vaches, animaux qui tiennent une place centrale dans leur vie quotidienne, dans leur culture et dans leur cosmogonie, sont décidément animés par un esprit belliqueux. L’entente cordiale succombe aux rivalités. L’empire se fragilise sur ses frontières sous les coups de boutoir de peuples animés par la vengeance. Qui plus est, une nouvelle croyance apparaît parmi les leurs, la religion du prophète Mahomet ; la honte et le déshonneur de tout Peul qui se respecte : « Ce sont des faux frères. Ils souillent le lait, trahissent Ilo Sâdio, l’ancêtre des bergers et accordent à d’autres divinités les prodiges de Guéno». Ces mahométans chassés, massacrés, se font de plus en plus nombreux. De conversions en conversions, ils passent du statut de pestiférés à celui de conquérants impitoyables qui après de nombreuses guerres sanglantes établissent des royautés théocratiques comme celle du Foute-Djalon, (Guinée actuelle), au XVIIIe siècle. De chaque mot choisi par Tierno Monénembo le lecteur ressent l’intensité, la passion que l’auteur porte pour l’Histoire des Peuls. C’est une langue riche, fleurie. Quel panache ! Et cette impertinence désopilante qui malmène les Peuls, ces familiarités parfois osées. Dans ces quolibets, il ne faut y voir aucunement du dédain. Tierno Monénembo agit tel un Sérère, peuple qui entretient une parenté à plaisanterie avec les Peuls ; une grande amitié séculaire qui permet à l’écrivain de les malmener : « nous pouvons chahuter à loisir et vomir des injures qui nous plaisent. Entre nous toutes les grossièretés sont permises ». « Peuls » est un roman fascinant, mais le lecteur peut à certains moments se sentir égaré : que de personnages, que de toponymes ! Dans les annexes, deux cartes présentent les principaux lieux mais nous les aurions voulues plus complètes. Un arbre généalogique permettrait de faciliter la lecture. A certains passages du roman, il est compliqué pour le néophyte de cerner les subtilités des contingences de l’histoire de ces régions d’Afrique. En dépit de ces difficultés, Tierno Monénembo nous offre une œuvre d’une grande intensité qui mérite que nous nous y arrêtions après avoir auparavant glané quelques informations sur les Peuls et l’histoire de ces régions du continent. Sur ce point, les écrits d’Amadou Hampâté Bâ sont d’une aide précieuse.

 


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12 réponses:

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  1. On peut savoir pourquoi fp vous postez vos fantaisies racistes et anales kq sur le mur de mon blog dédié à SEWER et la sexualité des enfants Antekhrist gd ? Vous disposez de votre propre espace dgmn où vous pouvez diffuser vos éjaculations verbales, alors profitez-en allègrement, mais respectez l’espace des autres sur la toile. Merci. vscz Vive Hitler.

    k

  2. Geraldo écrit:

    On peut savoir pourquoi eb vous postez vos fantaisies racistes et anales dc sur le mur de mon blog dédié à SEWER et la sexualité des enfants Antekhrist qz ? Vous disposez de votre propre espace cmbg où vous pouvez diffuser vos éjaculations verbales, alors profitez-en allègrement, mais respectez l’espace des autres sur la toile. Merci. ozqj Vive Hitler.

    caczk

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