Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

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oct 2009
**** Tierno Monénembo, « Les écailles du ciel ».
Posté dans Tierno Monenembo, _ GUINEE _ par Hervé à 2:35 | 11 réponses »

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Tierno Monénembo est un des grands écrivains dont le talent n’a que faire des frontières. Dans son écriture souvent tragique mais toujours magnifique auréolée de poésie et de métaphores, se rencontrent les langues qui s’entremêlent pour célébrer les richesses tumultueuses des femmes et des hommes de sa terre natale. L’éclat de ses textes rend compte de leur caractère polymorphe ; ses écrits s’adossent à la multiplicité. Tierno Monénembo a une écriture singulière ; celle qu’il fait sienne pour rendre compte des paysages humains ancrés dans sa terre guinéenne. Avec le jaillissement de mots travaillés, forgés, ciselés avec patience, l’écrivain se fait échos de l’absurdité de la condition humaine aux prises avec le pouvoir et les tentations meurtrières. Au moment où l’auteur pose la trame de son roman Les écailles du ciel, en 1986, celui-ci est habité par le doute et la détresse morale. Cette douleur est certainement la raison pour laquelle la mort est le personnage lancinant du roman ; une mort qui fait pourrir de l’intérieur chaque entité jusqu’à l’anéantissement total. L’homme est à la fois architecte et destructeur. Toutefois dans le pays d’avant l’arrivée des blancs où la nature capricieuse pouvait se montrer heureuse aux familles peules égarées, la mort se présentait encore dans ses nobles atours. Elle exigeait seulement son respect dans le suivi strict des coutumes. Mourir au combat avec courage, mourir après de longues années d’efforts faits pour sa famille assuraient une bonne mort. Mourir avec noblesse c’était avoir vécu noblement quelque soit sa condition. Il en était ainsi dans ce pays. Avec l’arrivée des blancs, la décadence, le défaitisme ronge la noblesse de ses hommes et de ses femmes. Alors que leur destin était le fait des ancêtres, il devient celui des nouveaux vainqueurs. La dernière mort noble est celle du roi qui va au devant de son sacrifice suprême plutôt que de se plier à la servitude. Avec les temps nouveaux, les comportements changent. Ils se font plus pernicieux tout comme la mort qui se fait le reflet de cette décrépitude. Elle-même devient purulente. Avec les blancs et les nouveaux régimes qui succèdent au colonialisme, la mort perd toute noblesse. Samba, un jeune homme né durant cette transition dramatique _ ou devrions-nous dire apocalyptique_ est le témoin de la décadence des siens. Enfant étrange et associable, il est boudé des villageois en raison de son anormalité, de son étrangeté. Guidé par son oncle attaché à l’ancien monde et par l’esprit de Wango, le griot du dernier roi mort noblement au combat, il quitte le village pour la ville tentaculaire où seuls les bidonvilles l’accueillent en la personne d’une prostituée chaleureuse. De petits boulots en petits boulots où il est confronté à la réalité avilissante du colonialisme, il est témoin de la montée en puissance du mouvement indépendantiste qui se jette dans la bataille de la liberté avec héroïsme. Samba devient très vite le compagnon, l’ombre d’un des leaders, Bandiougou, le brave et noble instituteur. Justement, Samba ne serait-il pas une ombre ? L’ombre du griot Wango qui assiste désœuvré et fataliste à la naissance d’une indépendance où en dépit de ses espoirs la mort se fait toujours pourriture. Ou peut-être est-ce l’ombre de la mort… Très vite le régime né de la fin du colonialisme se mue en bête sanguinaire sous les traits infâmes du tyran Ndourou-Wanbîdo, le traître de la cause. Où est la civilisation nouvelle et fière qui devait naître avec ses citoyens droits et orgueilleux du renouveau africain ? Le silence de Samba en dit long sur le dépit des ancêtres. Après des années de prison, Samba retrouve son ami devenu alcoolique désespéré, le noble Bandiagou, au sein de son nouveau foyer, Chez Ngando, un tripot minable des bas fonds mais dont les piliers anéantis par l’alcool conservent encore une noblesse aussi infime soit-elle. Les promesses des indépendances qui se devaient-être heureuses sont violées et semble-t-il pour de nombreuses décennies ; encore faut-il qu’un tel espoir dans les temps futurs ne soit pas déplacé. Tierno Monénembo donne une dimension poétique à son texte par l’abondance des métaphores, ce qui met en exergue avec force l’aliénation du réel. Les écailles du ciel est un roman puissant qui en aucun cas ne doit être oublié. La voix profonde de l’auteur ou plutôt celle du griot Wongo se fait toujours entendre avec force dans notre actualité, dans notre quotidien ; la voix de l’universalité malheureusement.


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11 réponses:

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  1. Lavelle écrit:

    On peut savoir pourquoi od vous postez vos fantaisies racistes et anales wx sur le mur de mon blog dédié à SEWER et la sexualité des enfants NecroPedoSadoMaso ad ? Vous disposez de votre propre espace ullq où vous pouvez diffuser vos éjaculations verbales, alors profitez-en allègrement, mais respectez l’espace des autres sur la toile. Merci. hzqn Vive SEWER.

    grwiyy

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