Ballades et escales en littérature africaine

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Archive pour la catégorie 'Chinua Achebe'


****Chinua Achebe, Les termitières de la savane.

7 août, 2008
Chinua Achebe, _ NIGERIA _ | 2 réponses »

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Pour la plupart des lecteurs le meilleur roman d’Achebe est « Le monde s’effondre ». Pour ma part j’ai une préférence pour « les termitières de la savane » en raison notamment de sa thématique : la résistance d’un petit clan d’intellectuels dans un pays africain sous la coupe de l’un de leurs amis qui a progressivement pris les habits d’un tyran. Ce petit groupe d’intellectuels revenus de l’étranger après avoir fini leurs études ne comprennent pas que l’un des leurs soit devenu cet animal furieux. Décidés, ils se lancent dans une résistance contre ce régime dictatorial et son tenant. Mais, la tenaille du régime totalitaire se fait de plus en plus menaçante ce qui les oblige à la clandestinité. Ce roman où le fatalisme est roi, nous décrit une page douloureuse des indépendances africaines : le règne des dictatures soutenues par les puissances occidentales ou communistes. Ce sujet, renvoie aussi le lecteur inévitablement au destin douloureux de Patrice Lumumba trahi par l’un de ses camarades de lutte pour l’indépendance, l’implacable Moboutou.

**** Chinua Achebe, « Le monde s’effondre ».

7 août, 2008
Chinua Achebe, _ NIGERIA _ | 22 réponses »

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Chinua Achebe est né en 1930 à Ogidi, dans l’est du Nigeria. Il est issu de l’ethnie Ibo. Le jeune Achebe s’instruit d’abord chez les chrétiens missionnaires, puis grâce à une bourse, il intègre le lycée de l’Umuahia avant de poursuivre ses études à l’université d’Ibadan. Il mène plusieurs activités à la radio nigériane et fait une longue carrière dans la presse de son pays. Au moment de la guerre du Biafra en 1967-1970, Chinua Achebe soutient le camp sécessionniste. Il vit aujourd’hui aux États-Unis en qualité de professeur et romancier. Chinua Achebe se révèle sur la scène internationale grâce à son célèbre roman Le monde s’effondre paru en 1958. Son œuvre s’impose très vite comme l’un des classiques de la littérature africaine. Traduit dans plusieurs langues, l’écrivain y décrit la société africaine dans tout ce qu’elle a de fascinant mais aussi d’inquiétant, ainsi que la rencontre traumatique de deux mondes, la tradition africaine des Ibos et la culture occidentale colonisatrice. Dans ce merveilleux récit, Chinua Achebe se fait à la fois conteur, griot, historien, ethnologue d’un village Ibo, Umuofia, par le biais de Okonkwo, homme intrépide, farouche guerrier, collectionneur des têtes des ennemis abattus lors des guerres. Okonkwo, parti de rien, devient un des hommes les plus riches et les plus puissants de son clan par son travail quotidien et acharné dans ses plantations de manioc, aidé de ses femmes et de ses nombreux enfants qu’ils commandent d’une main de fer. Appartenant aux hommes qui gouvernent le village et à la société initiatique à masques, le mmawo, chargée par les ancêtres et les génies de maintenir l’ordre de la société, c’est un homme ombrageux, orgueilleux, qui ne souffre pas la contradiction ni ne supporte les violations des us et coutumes de sa communauté, quand bien même cela doit conduire à des sacrifices horribles. Une première fois son monde s’effondre quand au cours d’une cérémonie funèbre où les détonations des fusils tempêtent, il tue accidentellement un membre du village. Le sang d’un sujet du clan ainsi versé accidentellement souille la divinité de la Terre, ce qui exige une réparation immédiate pour éviter son courroux sur l’ensemble de la communauté : Okonkwo doit s’exiler avec les siens et cela pour sept ans. Toutes les dignités obtenues année après année par son travail harassant lui sont retirées. Au retour de ce long exil, Okonkwo est confronté à une situation bien plus grave : sa société originelle forgée par les ancêtres est contaminée jusqu’à l’avilissement par un poison mortel qu’est le Dieu des nouveaux venus qui se font appelés Chrétiens. A écouter ces fous, une seule divinité existerait, leur Dieu. Ces étrangers dénoncent l’existence des divinités des Ibos et leurs symboles ; tout cela ne serait que superstitions ! Okonkwo et les siens sont convaincus que renoncer à leurs dieux c’est se perdre dans le néant. Forcés de donner un terrain aux étranger pour qu’ils y construisent leur temple de prières, les sages leur octroient une parcelle de la forêt maudite, terres des dépravés et des forces maléfiques. Ils espèrent ainsi que le Dieu des Chrétiens sera terrassé. Malheureusement, les divinités des Ibos semblent s’incliner et ainsi perdre toute considération. Les convertis au nouveau culte se font de plus en plus nombreux. Pour Okonkwo, il n’y a plus de doute, l’unique manière de faire front à l’invasion de ces étrangers et de préserver la communauté ne peut se faire sans recourir à une guerre impitoyable. Mais devant le fatalisme des villageois, pris de colère, il prend une initiative irréparable qui le conduit à un sort infamant. Par les thèmes qui y sont développés, Le Monde s’effondre est une œuvre incontournable qui ne s’arrêtent pas aux seules frontières du continent africain ; sont concernées toutes les sociétés qui dans l’histoire des hommes ont du s’incliner et disparaîtront encore face à de tels défis. La portée universelle de cette œuvre fait de son auteur, Chinua Achebe, un écrivain incontournable qui ne serait-être d’aucune manière ignoré. Sinon, mal vous en prendra !

Lire aussi la chronique de Gangoueus.

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