Ballades et escales en littérature africaine

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Archive pour la catégorie 'Divassa Nyama Jean'


** Divassa Nyama Jean, La vocation de Dignité.

23 février, 2010
Divassa Nyama Jean, _ GABON _ | 15 réponses »

divassanyamajeanlavocationdedignit1.jpgAvec La vocation de Dignité le lecteur est en droit d’espérer à lire un roman de qualité. La quatrième de couverture n’annonce-t-elle pas un sujet intéressant : le quotidien champêtre des habitants d’un village Punu au sud du Togo à la fin des années soixante, bouleversé par l’une de ses jeunes filles, Dignité, partie étudier à la ville et désireuse de prononcer ses vœux afin de devenir religieuse. Voilà annoncées des thématiques prometteuses : la confrontation entre les traditions séculaires animismes et le christianisme ; les conflits générationnels ; le choc des cultures agraire et urbaine. Que de régal à émoustiller les papilles : Davassa Nyama va se faire conteur, historien, ethnologue et bien sûr écrivain. Au reste, La vocation de Dignité est un roman qui a été récompensé par le Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire en 2008. Aucun doute, il est urgent de se plonger dans le récit. Hélas, que de désillusions et cela dès les premières pages. L’attention est très vite mise à rude épreuve en raison de la pauvreté de l’écriture ou devrions-nous dire pour être au plus près de la vérité de l’absence de style. Les 192 pages du roman ne sont qu’une série de petites phrases au présent de l’indicatif ponctuées de temps en temps de nouvelles courtes phrases mais cette fois-ci déclinées au participe passé. Que dire du roman dans son fond ? Tout simplement qu’il exige du lecteur beaucoup de patience : la trame romanesque citée ci-dessus ne commence vraiment qu’à partir de la 90ème page sur un roman qui rappelons-le en comprend 192. Et encore, faut-il être conciliant en parlant de continuité de la trame romanesque : La vocation de Dignité n’est qu’une succession de scènes et d’historiettes que M. Divassa Nyama ne parvient pas à sédimenter dans un ensemble homogène. En fait, cet ouvrage ne possède aucunement l’architecture du roman. Au vue de l’ensemble, il aurait été plus à propos de recourir à un recueil de nouvelles mettant en scène la vie quotidienne des habitants d’un village punu tels le veuvage des femmes, les pratiques religieuses animistes ou encore les activités agricoles qui parsèment le récit. Du reste, n’aurait-il pas été judicieux pour l’auteur au regard de l’armature de son récit, du style employé et des sujets abordésde s’adresser à un public spécifique, la jeunesse ? C’eusse été une bonne manière de la sensibiliser aux singularités des sociétés africaines. Le recours comme personnage récurent à la jeune fille, Dignité, aurait été un vecteur d’attention pour le jeune lectorat. Qu’on se le dise, La vocation de Dignité est un roman bien imparfait dont l’intérêt de la lecture se résume aux scènes villageoises. Appartenant à une trilogie romanesque, il sera bien difficile de se motiver pour lire les deux autres tomes.                        

Divassa Nyama Jean, La vocation de Dignité, édit. Ndzé, 2008, 192 p.

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