Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

Archive pour la catégorie 'Kourouma Ahmadou'


**** Ahmadou Kourouma, “Les soleils des indépendances”.

7 août, 2008
Kourouma Ahmadou, _ COTE D'IVOIRE _ | 27 réponses »

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« Les soleils des indépendances » est le roman le plus abouti d’Ahmadou Kourouma. Du moins est-ce mon avis. Les dynasties nobiliaires qui ont gouverné pendant de nombreux harmattans cèdent sous le joug de la toute puissance des nouveaux Etats indépendants aux partis uniques. L’autorité dictatoriale ne serait tolérer tout autre pouvoir concurrent. C’est pourquoi, les coutumes des communautés tribales sont tolérées à la condition qu’elles ne soient qu’une expression folklorique non séditieuse. Pris dans ce marasme de la décrépitude, Fama, dernier représentant d’une lignée noble, ne cesse de dénoncer et de condamner ‘‘les soleils des indépendances’’ qui ont bouleversé l’ordre des coutumes et qui ne lui ont rien rapporté si ce n’est la ruine de ses finances. Devant mettre en sourdine sa fierté due à son titre vidé de sa substance, il ne peut compter pour vivre que sur le travail de sa femme, Salimata, qui vend sur le marché son riz cuisiné. Un honneur d’autant plus bafoué que Fama et sa compagne ne réussissent pas à avoir un enfant, un rejeton indispensable à la continuité de la dynastie. Ne comprenant pas les nouvelles règles de ce monde nouveau ou tout simplement les refusant, Fama prend le long chemin du retour dans son village et cela avec tous les obstacles qui se dressent devant lui. Ahmadou Kourouma, avec ce roman plein d’humour, orné de nombreux proverbes et d’un style croustillant, offre à ses lecteurs un petit bijou sur une destinée dramatique, celle d’un homme perdu dans « Les soleils des indépendances ».

**** Ahmadou Kourouma, « En attendant le vote des bêtes sauvages ».

7 août, 2008
Kourouma Ahmadou, _ COTE D'IVOIRE _ | 5 réponses »

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Le grand écrivain que fut Ahmadou kourouma poursuit dans son remarquable roman, « En attendant le vote des bêtes sauvages », sa dénonciation des régimes infâmes par la description d’un état fictif, la République du Golfe, gouverné après un coup d’État par un tyran bestial, Koyaga. Ce « président-dictateur » après plusieurs décennies d’exercice impitoyable du pouvoir demande à un sora, un chantre, de déclamer pendant plusieurs veillées, son histoire, que celle-ci lui soit en sa faveur ou à ses dépens. Le sora dispose d’une totale liberté d’expression comme le veut la tradition. C’est ainsi que le conteur retrace les origines de Koyaga issu d’une tribu aux mœurs violentes, en passant par ses services rendus pour la France dans les guerres d’indépendance. Mais ce qui est central dans ces propos, c’est la manière dont koyaga a conservé sa qualité de « président à vie » après trente années d’exercice émaillé de plusieurs coups d’état. Il est vrai que pour ce faire, celui-ci a été à la bonne école en rencontrant ses « grands frères dictateurs ». Le lecteur reconnaîtra Mobutu, Bokassa, ou bien encore Houphouët-Boigny. Toutefois les recommandations de ses pairs en dictature ne sont pas suffisantes pour expliquer sa longévité à la tête du pays. Koyaga dispose d’une autre carte extrêmement importante que sont les pouvoirs obscurs de sa mère, les prophéties d’un puissant marabout et du pouvoir magique que lui vaut sa qualité d’être un « simbo », un puissant chasseur reconnu par les siens et les animaux de la brousse. Nous l’aurons compris, Kourouma dresse un état des lieux sombre que l’espoir de la démocratie ne suffit pas à dissiper.

*** Ahmadou Kourouma, « Allah n’est pas obligé ».

7 août, 2008
Kourouma Ahmadou, _ COTE D'IVOIRE _ | 4 réponses »

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Ahmadou Kourouma n’avait de cesse à dénoncer les horreurs qui frappaient et asservissent toujours la condition humaine de par le monde. Avec une foi indicible pour la paix et le respect de tout à chacun, sa voix a dépassé les frontières de l’Afrique et est devenue, par ses témoignages sans concession contre les tyrannies, le poil à gratter des dictateurs de toutes latitudes. Dans ce dessein, le message universel de paix d’Ahmadou Kourouma, un des grands auteurs de la littérature contemporaine, prend naturellement sa place dans son continent, l’Afrique, où des enfants, des femmes et des hommes sont torturés par les horreurs de la guerre. Avec « Allah n’est pas obligé », l’écrivain s’attaque à un mal qui n’a pas de limite dans ces horreurs guerrières, l’enrôlement d’enfants soldats à la solde de seigneurs de guerre, des pillards du sang d’une Afrique aux genoux à terre. C’est ainsi que Birahima, un enfants des rues haut de ses douze ans, a pour ambition d’être engagé auprès de ces criminels, cela pour avoir le privilège de porter son fusil d’assaut. Pour cela, accompagné d’un marabout escroc, anciennement marchand ruiné et pensant faire de bonnes affaire dans un pays meurtri, il rejoint le Libéria, son pays de “cocagne” ! Très vite, il est engagé dans une milice, cela sans comprendre la géopolitique guerrière. Mais Birahima s’en moque, il porte l’attirail du parfait soldat… Son rêve se réalise enfin ! Devenant à son tour un animal sans foi ni loi, le pillage, les violences sans limites sont les lots de son quotidien. Ahmadou Kourouma avec « Allah n’est pas obligé », plonge ses lecteurs dans l’horreur tout en laissant un léger rayon de soleil feutré pour un espoir bien mince.

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