Ballades et escales en littérature africaine

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Archive pour la catégorie 'Mudinbe V. Y.'


**Mudinbe, V. Y., « Entre les eaux ».

7 août, 2008
Mudinbe V. Y., _ REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO _ | Pas de réponses »

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Mundimbe, V. Y., est né au Zaïre en 1942. Il sera confronté aux affres du colonialisme, aux combats sanglants pour l’indépendance et à la terreur de la dictature de fer de Moboutou et de ses sbires, soutenus qu’ils seront par les puissances occidentales qui en pleine guerre froide voyaient dans cette tyrannie un allié stratégique contre le communisme. Cet intellectuel qui collectionnera les titres universitaires et les chaires parmi les plus prestigieuses s’interroge dans son roman, « Entre les eaux », sur les devoirs attachés à la prêtrise d’un africain et les combats menés par ses compatriotes pour une autre vision d’un monde censé être plus juste. Pierre Landu, Africain, prêtre de son état, est un intellectuel titulaire d’un doctorat en théologie qui a évolué pendant plusieurs années dans le cercle confiné et luxueux de Rome. Toutefois, en dépit de ses prières, des longues discussions avec ses coreligionnaires, des lectures des recueils des Pères de l’Eglise, il ne réussit pas à entrer en communion avec le Christ. Comment ce fait-il que les canons du catholicisme ne parviennent-il pas à éliminer les inégalités dans son pays ? Les évangiles sont-ils inopérants lorsqu’il s’agit du respect de la condition humaine des plus pauvres, notamment de ses concitoyens ? Peu à peu, dans le dédale de ses réflexions, l’application du catholicisme tel qu’il lui a été enseigné lui apparaît comme un vecteur essentiel du colonialisme. Le brûlot qu’est l’exercice de sa religion en vertu des principes de Rome favorise selon lui le fondamentalisme de la civilisation chrétienne occidentale et aucunement une Eglise en harmonie avec un nouveau monde sur la voie du développement. Le pasteur se doit d’être de façon permanente auprès de ses ouailles pour que le catholicisme aille en profondeur. Ne jamais les abandonner, où que puissent-elles-être. Retrouver « l’africanité ». Dès lors, se pose à lui la difficile problématique : peut-il se faire d’être un africain doté de son identité culturelle tout en étant un bon chrétien ? Confrontés à ses tourments, il décident de quitter ses privilèges et de rejoindre l’armée de libération marxiste en espérant trouver le chemin christique. Mais guerroyer, tuer, être sensible aux thèses marxistes et léninistes ne sont-ils pas un abandon de la foi ? Un renoncement au Christ ? « Entre les eaux » est un perpétuel questionnement, une remise en cause du catéchumène sur la voie divine. Des interrogations continuelles, certes dignes d’intérêt, mais qui prennent au fil de la lecture la forme d’une litanie. Cette longue énumération de plaintes dans un récit parfois abscons risque de déconcerter, de décourager le lecteur. Page après page, le roman devient bien trop ennuyeux. L’auteur donne parfois l’impression d’abandonner le style romanesque pour celui de l’essai. Ce roman, « Entre les eaux » est toutefois une référence pour tous ceux qui seraient intéressés par les thématiques développées par Mundimbe. Pour les autres, il serait peut-être plus opportun de passer son chemin.

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