Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

Archive pour la catégorie '_____________________ECRIVAINS'


*Aïda Mady Diallo, « Kouty, mémoire de sang ».

7 août, 2008
Mady Diallo Aida, _ MALI _ | Pas de réponses »

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L’Afrique connaît depuis quelques années un regain d’intérêt pour les séries noires. C’est ainsi que les polards d’auteurs Africains commencent à prendre place sur les étales des bonnes librairies. Dans ce style d’expression qui n’est pas un effet de mode, bien au contraire, Aïda Mady Diallo a sorti sa plume acérée et venimeuse, ce qui fait d’elle la première Africaine usant de ce genre littéraire. Malheureusement, son roman intitulé « Kouty, mémoire de sang » et décevant. L’ouvrage commence par un massacre indicible d’une famille par les Touaregs à Gao, une ville à l’est du Mali. La seule survivante, une jeune fille, Kouty, âgée de dix ans, promet en son for intérieur de venger sa famille.… Ce qu’elle fera quelques années plus tard. Nous pouvions attendre mieux de ce polard dont la trame est certes classique mais efficace. La déception s’appuie sur le fait que le décor des séquences n’est que trop rarement décrit : l’écrivain saute d’un meurtre à l’autre, tel un mauvais film de série B. C’est un polard qui manque de consistance et de rythme.

****Amadou Hampâté Bâ, «  Il n’y a pas de petites querelles  ».

7 août, 2008
Hampate Ba Amadou, _ MALI _ | 2 réponses »

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Amadou Hampâté Bâ a toujours eu la volonté à témoigner de la richesse des cultures orales africaines, particulièrement celles du Sahel, sa terre bien aimante et généreuse. Bambaras, Peules, Mandingues et autres peuples de ces régions battues par les dards d’un soleil tout à la fois implacable et fertile doivent à cette voix magistrale la conservation de leur Histoire ; une Histoire qu’il grave dans cet objet merveilleux qu’est le livre, instrument précieux commun au genre humain. Amadou Hampâté Bâ a saisi l’importance de l’écrit pour que les traditions orales soient protégées, respectées : transgresser le temps, les frontières, les civilisations, surmonter une acculturation dévastatrice due à une société marchande faite de globalité et d’immédiateté. Le patient ramasseur des coutumes et d’histoires qu’il a été, nous a ainsi légué une richesse incommensurable, la connaissance de l’Autre. Il nous redonne ce qui nous a été indûment pris, cette vérité essentielle, nous sommes et vivons dans un monde multiculturel, essence même d’une humanité éclairée. Le conte, ce récit court d’aventures imaginaires, est l’outil idéal pour transmettre à toutes les générations, de l’enfant au vieillard, ce message. Il peut être saisi comme une historiette d’éveil à l’imaginaire, comme le message d’une morale commune à tous, ou bien encore comme le témoignage de coutumes pour une communauté déterminée. Le conte présenté de la sorte dispose de deux facettes : celle de l’universel car à portée transfrontalière et celle ayant une tonalité plus locale, plus ethnologique, les coutumes d’un peuple. Par les spécificités du conte, nous comprenons la raison pour laquelle le choix d’Amadou Hampâté Bâ c’est porté sur lui. Il permet de donner corps à son message qui pourrait être exprimé de la sorte : «  Bien que ces histoires sont contées par mon peuple, elles vous concernent tous, qui que vous soyez ». « Il n’y a pas de petites querelles » est un délicieux met dont il serait dommage de se priver, que vous soyez enfants ou adultes ouverts sur l’Autre, votre compagnon.

****Amadou Hampâté Bâ, « Oui mon Commandant !  ».

7 août, 2008
Hampate Ba Amadou, _ MALI _ | Pas de réponses »

hamptbouimoncommandant.jpg Après avoir partagé avec le lecteur son enfance et son adolescence, mutines et malicieuses, cela en respectant notamment les principes posés par Tierno Bokar, son maître à penser, l’écrivain nous livre ici ses premiers pas dans le monde bigarré qu’est celui des adultes. Étant parmi les élèves les plus doués de l’école républicaine du village, il est choisi par le colonisateur à poursuivre sa scolarité dans un institut où sont formés les futurs cadres indigènes. En dépit de sa mère épleurée, il s’engage vigilant mais confiant de ses valeurs. Une nouvelle fois parmi les meilleurs, Hamadou Hampâté Bâ est affecté à différents postes de travail comme traducteur et, gravit très vite les échelons de l’administration colonisatrice. Avec une faconde délicieusement humoristique et légère, il croque avec saveur l’administration coloniale ainsi que les représentants de la France, les administrateurs coloniaux.

****Amadou Hampâté Bâ, « Amkoullel, l’enfant Peul ».

7 août, 2008
Hampate Ba Amadou, _ MALI _ | 2 réponses »

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Pour un lecteur néophyte de la littérature africaine, faire une critique des œuvres d’Amadou Hampâté Bâ est une gageure. Restons humbles, asseyons nous à l’ombre du baobab, l’arbre à palabres au centre du village et écoutons religieusement le maître qui se fait pour un temps griot. Avec ses paroles reviennent les coutumes et les traditions du peuple Peul et des autres communautés vivant dans l’ancien Soudan français. Ses observations reposent sur une capacité aiguë à saisir les habitudes des hommes et des femmes qui l’entourent, qu’ils soient noirs ou blancs. Un tableau où ironie et humour sont de mise à chaque page. Certain regretteront que Amadou Hampâté Bâ ne fasse pas une critique frontale et acerbe du colonialisme. Tel n’est pas l’objet de ce sage… toutefois lisez entre les lignes et vous serez surpris. Hamadou Hampâté Bâ invite ses lecteurs, devrais-je dire ses convives, sur le chemin de son enfance et de son adolescence. Comme tout gamin, Amadou Hampâté Bâ commet avec ses camarades de nombreuses farces à l’encontre des indigènes et des colonisateurs. Mais tout jeune qu’il soit, il doit respecter et apprendre des règles de droit aux origines multiples : le droit coutumier, les principes républicains ou encore les devoirs de la religion musulmane. Dans ce dessein, il fréquente les cours coraniques donnés par son maître de conscience, Tierno Bokar ainsi que l’école Républicaine. Ne perdant jamais son panache, Amadou nous invite avec amusement dans ses aventures de petit garnement insouciant où l’organisation et la hiérarchie ludique les préparent à devenir des hommes.

****Oyono Ferdinand, « Le vieux nègre et la médaille ».

7 août, 2008
Oyono, Ferdinand, _ CAMEROUN _ | 26 réponses »

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Oyono Ferdinand, ancien ministre de la culture au Cameroun, nous livre avec « Le vieux nègre et la médaille » une pépite de la littérature africaine sur un thème largement traité et avec raison le colonialisme. Ce court roman trouve avec bonheur son originalité dans le recours à la bouffonnerie sous les traits d’un vieil africain qui a tout perdu, cela pour satisfaire naïvement ses devoirs envers les autorités occupantes et l’Eglise. Personnage de farce malgré lui le vieux nègre représente pour les autorités d’occupation un modèle de soumission. De cette attitude, il est décoré d’une médaille honorifique par un représentant de la République française. Mais, par les maladresses du vieux nègre, l’engeance que constitue les colons est ridiculisée. La bouffonnerie, la stupidité s’abattent sur eux tandis que le vieil homme, digne, reprend son chemin sinueux entre le respect des traditions et les nouvelles obligations.

Un précieux roman qui sous les traits de son personnage principal, le vieux nègre, nous invite à la réflexion tout en riant des situations cocasses

**Achille F. Ngoye, « Agence Black Bafoussa ».

7 août, 2008
Ngoye Achille F., _ REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO _ | Pas de réponses »

achillefngoyeagenceblackbafoussa.jpg 

Avec  » Agence Black Bafoussa « , Achille F. Ngoye a le prestige d’être publié dans la  » Série noire  » des éditions Gallimard. C’est une récompense pour cet auteur atypique. Cette reconnaissance aura pour principale conséquence l’écriture de plusieurs autres polards dont  » Sorcellerie à bout Portant « , ou encore  » Ballet noir à Château Rouge « , et cela pour notre plus grand plaisir. À l’instar de la plupart de ses autres polards, le principal personnage évolue dans le Paris du XVIIIe. Dans cette petite Afrique parisienne, le lecteur est saisi par une langue faite d’argots français et de bric et de broc d’Idiomes africains ce qui forme une mixture franco-africaine délicieuse à lire. À ce stade, au regard de la forme et du décor posés, nous pouvions nous réjouir de ce roman. Malheureusement, le fond n’a pas la même consistance que la forme. Et pourtant la trame était intéressante : Qui a tué Danga, réfugié à Paris, et opposant notoire à la dictature de Pupu Muntu, dictateur indéboulonnable du Kalina ? Un homme de main du potentat ? Ou bien ce meurtre est-il la conséquence d’un crime crapuleux. En effet Danga n’était pas un Ange : Comment Donga faisait-il pour entretenir sa poule et mettre de l’huile de palme dans ses feuilles de manioc ? « .

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