Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

Archive pour la catégorie 'Rakotoson Michele'


*** Rakotoson Michèle, « Elle, au printemps ».

22 novembre, 2009
Rakotoson Michele, _ MADAGASCAR _ | 4 réponses »

rakotosonmelleauprintemps.jpg 

Michèle Rakotoson est une écrivaine née en 1948 à Antananarivo. Elle est issue d’une famille bourgeoise et intellectuelle aux principes moraux ancrés dans le protestantisme. Attirée par les lettres, elle devient professeur de littérature. En raison de ses convictions politiques en faveur de la démocratie, combat très déplacé aux yeux « orwélliens » de l’amiral de la puissante et glorieuse marine militaire malgache, elle est contrainte de quitter sa terre en 1983 pour la France, l’ancienne puissance colonisatrice meurtrière se faisant ici une façade de virginité retrouvée. L’écrivaine pose ses valises de mots à Radio France Internationale où elle prend part au soutien des œuvres littéraires africaines. Dans son court roman Elle, au printemps, paru en 1996, Michèle Rakotoson dessine le portrait et l’ittinéraire d’une jeune femme malgache, Sahondra, qui quitte sa bien aimée terre natale dans la douleur pour une ville dérisoirement magnifiée, Paris, afin d’y poursuivre ses études supérieures. Arrivée dans cette cité grise de béton où s’agitent des automates désenchantés et froids, elle se lance à la quête de la jeune française avec laquelle elle entretenait une correspondance épistolaire, et qui lui avait promis de l’acceuillir et de lui tendre une main protectrice pour ses premiers pas dans ce monde qui bien vite se démystifie. Aidée de personnages qui eux-mêmes déambulent du mieux qui leur est possible dans cette cité à l’arc triomphant jaloux de ses privilèges, ses pérégrinations la conduisent dans ce Nord de la France qui sans baroud d’honneur est mort d’une métallurgie assassinée pour la raison universelle des temps modernes, la mondialisation spoliatrice. Quels tableaux fascinants ces géants de fer et d’acier, aux fourneaux et cheminées définitivement éteints qui se corrompent lentement sous les asseaux des pluies. Ces divinités orgueilleuses des temps passés d’un Occident qui se voulait invincible et impérialiste se sont écroulées, abandonnées aux gémissements de leurs anciens fidèles cloîtrés à jamais dans leurs bâtisses de briques rouges oubliées de tous. Son île à elle, Madagascar, est certes à genoux, pillée, violée, mai jamais elle ne sera abandonnée par ses enfants comme l’est ce coin de France. Les os des ancêtres ne seront jamais profanés, jamais oubliés et cela quand bien même la déraison des Temps Modernes. La vie y sera et cela pour toujours. Elle, au printemps est un joli roman au style simple et fluide où la nostalgie se mêle à l’abandon ; où la vie de Sahondra continue, peu importe les abysses.

Lire, Voir, Ecouter... |
mespetitsmotspourtoi |
جولة... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hédonisme et Existentialisme
| Les mots de passage
| Ma vie litteraire