Ballades et escales en littérature africaine

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Archive pour la catégorie 'Sembene Ousmane'


*** Sembene Ousmane, « Ô Pays, mon beau peuple ! »

8 décembre, 2009
Sembene Ousmane, _ SENEGAL _ | 5 réponses »

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Il est inutile de présenter l’écrivain et le grand cinéaste Sembene Ousmane, disparu trop tôt, tant sa renommée fut et reste grande. Avant d’illuminer de son talent le 7ème art, Sembene Ousmane écrivit des romans dits sociaux, dont le plus célèbre est incontestablement Les bouts de bois de Dieu que tout jeune africain se doit de connaître. Avec Ô Pays, mon beau peuple, paru en 1957, l’écrivain poursuit sa longue marche dans l’espoir que ses pairs recouvrent enfin leur fierté d’être des Africains jaloux de leur culture multiséculaire ; qu’ils sachent à nouveau avancer la tête haute, citoyens de nations que leurs paires occidentales reconnaîtront comme étant leurs égales. Ce vœux intense prend corps chez un homme à l’orgueil démesurément salvateur, Faye Oumar, fils prodigue de retour dans sa Casamance après avoir combattu en Europe pendant la seconde guerre mondiale. Celui-ci est accompagné de sa femme, Isabelle, qui est dotée d’une spécificité ô combien singulière… Celle d’être blanche ! Pour beaucoup, étrange, pécheresse et même contre-nature, cette union devient vite le grain de sable qui enraille la machine coloniale à broyer des femmes et des hommes. L’univers poisseux, capiteux et crapuleux des négociants-colons est mis à mal. Pour eux, qu’une petite vicieuse qui a probablement été nourrie au lait de la sédition bolchevique ait épousé un nègre est déjà infâme, mais qu’en plus ce dernier ait l’affront de mettre à bas leur supériorité éminemment naturelle est de trop. C’est que le tempétueux Oumar a pour folle intention d’unir l’ensemble des paysans dans une coopérative. Dès lors les prix ne seraient plus décidés du seul fait des négociants français, fermiers-généraux des temps modernes ne daignant accorder l’obole qu’avec répugnance. C’est au tour des serfs du continent noir de profiter des Lumières de la Révolution. L’élu, Faye Oumar, symbole d’une génération de jeunes africains qui se sont frottés à la culture occidentale, vient enfin demander les comptes à cette France aux Droits de l’Homme si discrets sous les tropiques. Mais les petits Blancs sont bien décidés à défendre leurs privilèges des temps anciens, ignares qu’ils sont qu’une autre histoire avec un « h » majuscule se profile face à eux. Le mariage de Faye avec Isabelle ne sème pas de l’incompréhension uniquement chez les Français. La famille de ce colosse de dignité condamne aussi cette union. Elle est contraire aux traditions séculaires qui régissent la communauté tout comme les pratiques musulmanes appliquées ici bas. Son père, iman, se considère avoir été trahi par se fils indigne : qu’en sera-t-il de l’avenir si tous ses descendants renoncent à l’état de pêcheur pour celui d’agriculteur et désertent la concession familiale pour ces petites maisons à l’européenne ; que dire de ses privautés faite à l’encontre de la religion du prophète. De son côté, la mère de Faye n’éprouve que ressentiments envers Isabelle, créature étrangère qui lui a volé son unique enfant. Seuls ceux de la génération d’Oumar qui ont conscience du levé imminent des soleils des indépendances font front commun avec leur ami. Qu’on se le dise, Oumar Sambène n’est pas là seulement pour demander réparation. Il se projette dans un avenir fait de métissage où l’ancienne puissance colonisatrice saurait à-même de se faire partenaire non condescendante des nations nouvelles, cela dans l’intérêt de tous. Ce roman est écrit en 1957… Ce fol espoir était peut-être encore permis. Une petite critique au passage à l’encontre du roman, l’écriture est bien trop académique.

***Ousmane Sembene, « Les bouts de bois de dieu ».

7 août, 2008
Sembene Ousmane, _ SENEGAL _ | 31 réponses »

ousmanesembenelesboutsdeboisdedieu.jpg 

Ousmane Sembene, Sénégalais, apprécie le roman comme l’un des supports le plus approprié à relater le fait historique. Ainsi, c’est tout naturellement qu’il emploie la littérature pour témoigner de la grève des cheminots sur la ligne Dakar-Niger, du 10 octobre 1947 au 19 septembre 1948. Pendant presque une année, les cheminots, appelés aussi « les bouts de bois de dieu », feront grève en raison de leurs conditions de travail et de leurs salaires. En dépit d’une direction hostile attendant que le mouvement de contestation pourrisse et de la mobilisation des forces armées, les grévistes leur tiennent la dragée haute. Les prodromes du syndicalisme s’établissent tandis que l’appui de la population ne se fait pas attendre, tout particulièrement celui des femmes. Elles occupent une place centrale et cela malgré les privations drastiques dont sont victimes les familles. Au regard de ce roman, de sa construction et par le développement de la thématique, Ousmane Sambene utilise une démarche proche de celle employée par Zola. Une similitude qui pourrait décourager certains lecteurs. Entre-temps l’écrivain a présenté ses adieux à la littérature, considérant que le cinéma est plus à même de décrire une réalité.

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