Ballades et escales en littérature africaine

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Archive pour la catégorie 'Waberi Abdourahman'


*** Waberi Abdourahman, « Balbala ».

29 août, 2008
Waberi Abdourahman, _ DJIBOUTI _ | 5 réponses »

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Waberi Abdourahman est né en 1965 à Djibouti. Après avoir publié des nouvelles et des poèmes sur son pays, il emprunte le chemin du roman avec « Balbala » dans lequel il nous invite à fouler sa terre ancestrale, celle des Afars et des Issas. Anciennement colonie française, Djibouti accède à l’indépendance en 1977. Flanqué de ses deux puissants et menaçants voisins, l’Éthiopie et la Somalie, ce petit territoire de la Corne de l’Afrique, lambeau d’un désert brûlant où des tribus nomades parcourent des routes commerciales séculaires et oubliées, subit depuis son origine le joug d’une dictature implacable qui fait front avec une horrible violence à la guerre civile (1991-1993). Abdourahman Waberi dénonce ce contexte menaçant où toute vie semble anémiée par les voix de quatre amis opposants au régime liberticide : le marathonien Waïs, à la renommée internationale, Yonis, médecin d’un dispensaire abandonné de Balbala, un des bidonvilles de Djibouti, Dilleyta, fonctionnaire désabusé et la belle Anab, compagne de Yonis et sœur de Waïs. Le roman est divisé en quatre parties qui exprime les douleurs des quatre opposants tour à tour ; des douleurs qui gravitent autour de Waïs, héros du pays, qui après avoir publié un texte ambiguë sur le régime est embastillé dans une geôle où la fournaise et les cris des torturés sont ses seuls compagnons. Par la voix de ses personnages, l’auteur dénonce une dictature sans visage mais omniprésente qui par ses sbires corrompt, aliène, tue chacune des âmes de ce pays. Mais l’auteur va plus loin que le simple état des lieux : cette terre, par essence, est de nature à être l’inhospitalière fange liberticide. Les traditions patriarcales ne favorisent guère la tolérance et le sécularisme nécessaires à l’épanouissement de la démocratie. Ces défaillances engagent ce pays et tout cette région de l’Afrique, dans une voie suicidaire d’autodestruction. Les nations de ce bout du monde à la géopolitique déterminante ne sont-elles pas toutes des dictatures ? Et que dire des traditions tribales : ne réservent-elles pas à la femme un état d’assujettissement ? « Leur sexe : une vaste prison et un tombeau de silence ». L’écrivain dévoile les méandres de cet enfer en ayant recours aux métaphores et à l’introspection de chacun des personnages. Ce roman d’une très grande sensibilité saisit assurément le lecteur. Toutefois, Abdourahman Waberi qui est un grand admirateur de l’illustre écrivain somalien Nuruddin Farah s’inspire beaucoup trop des œuvres de ce dernier tant dans le fond que dans la forme. Il en ressort un sentiment de « déjà lu ». Il n’en reste pas moins que « Balbala » est un roman extrêmement touchant de vérité et beau dans sa forme.

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