Ballades et escales en littérature africaine

Bienvenue et joyeuses balades dans la littérature du continent africain ; écrivains africains, africaines des lettres, je navigue dans vos livres, vos récits, vos romans ; Sahel, Afrique centrale, Afrique de l'est, Afrique de l'ouest, francophone, anglophone et autres, nous vibrons à ton écoute.

Archive pour la catégorie '_ NIGERIA _'


**** Chinua Achebe, « Le monde s’effondre ».

7 août, 2008
Chinua Achebe, _ NIGERIA _ | 22 réponses »

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Chinua Achebe est né en 1930 à Ogidi, dans l’est du Nigeria. Il est issu de l’ethnie Ibo. Le jeune Achebe s’instruit d’abord chez les chrétiens missionnaires, puis grâce à une bourse, il intègre le lycée de l’Umuahia avant de poursuivre ses études à l’université d’Ibadan. Il mène plusieurs activités à la radio nigériane et fait une longue carrière dans la presse de son pays. Au moment de la guerre du Biafra en 1967-1970, Chinua Achebe soutient le camp sécessionniste. Il vit aujourd’hui aux États-Unis en qualité de professeur et romancier. Chinua Achebe se révèle sur la scène internationale grâce à son célèbre roman Le monde s’effondre paru en 1958. Son œuvre s’impose très vite comme l’un des classiques de la littérature africaine. Traduit dans plusieurs langues, l’écrivain y décrit la société africaine dans tout ce qu’elle a de fascinant mais aussi d’inquiétant, ainsi que la rencontre traumatique de deux mondes, la tradition africaine des Ibos et la culture occidentale colonisatrice. Dans ce merveilleux récit, Chinua Achebe se fait à la fois conteur, griot, historien, ethnologue d’un village Ibo, Umuofia, par le biais de Okonkwo, homme intrépide, farouche guerrier, collectionneur des têtes des ennemis abattus lors des guerres. Okonkwo, parti de rien, devient un des hommes les plus riches et les plus puissants de son clan par son travail quotidien et acharné dans ses plantations de manioc, aidé de ses femmes et de ses nombreux enfants qu’ils commandent d’une main de fer. Appartenant aux hommes qui gouvernent le village et à la société initiatique à masques, le mmawo, chargée par les ancêtres et les génies de maintenir l’ordre de la société, c’est un homme ombrageux, orgueilleux, qui ne souffre pas la contradiction ni ne supporte les violations des us et coutumes de sa communauté, quand bien même cela doit conduire à des sacrifices horribles. Une première fois son monde s’effondre quand au cours d’une cérémonie funèbre où les détonations des fusils tempêtent, il tue accidentellement un membre du village. Le sang d’un sujet du clan ainsi versé accidentellement souille la divinité de la Terre, ce qui exige une réparation immédiate pour éviter son courroux sur l’ensemble de la communauté : Okonkwo doit s’exiler avec les siens et cela pour sept ans. Toutes les dignités obtenues année après année par son travail harassant lui sont retirées. Au retour de ce long exil, Okonkwo est confronté à une situation bien plus grave : sa société originelle forgée par les ancêtres est contaminée jusqu’à l’avilissement par un poison mortel qu’est le Dieu des nouveaux venus qui se font appelés Chrétiens. A écouter ces fous, une seule divinité existerait, leur Dieu. Ces étrangers dénoncent l’existence des divinités des Ibos et leurs symboles ; tout cela ne serait que superstitions ! Okonkwo et les siens sont convaincus que renoncer à leurs dieux c’est se perdre dans le néant. Forcés de donner un terrain aux étranger pour qu’ils y construisent leur temple de prières, les sages leur octroient une parcelle de la forêt maudite, terres des dépravés et des forces maléfiques. Ils espèrent ainsi que le Dieu des Chrétiens sera terrassé. Malheureusement, les divinités des Ibos semblent s’incliner et ainsi perdre toute considération. Les convertis au nouveau culte se font de plus en plus nombreux. Pour Okonkwo, il n’y a plus de doute, l’unique manière de faire front à l’invasion de ces étrangers et de préserver la communauté ne peut se faire sans recourir à une guerre impitoyable. Mais devant le fatalisme des villageois, pris de colère, il prend une initiative irréparable qui le conduit à un sort infamant. Par les thèmes qui y sont développés, Le Monde s’effondre est une œuvre incontournable qui ne s’arrêtent pas aux seules frontières du continent africain ; sont concernées toutes les sociétés qui dans l’histoire des hommes ont du s’incliner et disparaîtront encore face à de tels défis. La portée universelle de cette œuvre fait de son auteur, Chinua Achebe, un écrivain incontournable qui ne serait-être d’aucune manière ignoré. Sinon, mal vous en prendra !

Lire aussi la chronique de Gangoueus.

***Chimamanda Ngozi Adichie, « L’Hibiscus Pourpre ».

7 août, 2008
Ngozi Adichie Chimamanda, _ NIGERIA _ | 5 réponses »

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L’Hibiscus Pourpre plonge le lecteur dans les bas-fonds du fondamentaliste religieux où toutes interprétations libérales des canons bibliques sont strictement condamnées. Tout mouvement œcuménique est honni. Le Pêcheur doit être sévèrement puni pour extirper le malin. C’est en vertu de ces principes obscurantistes que le patriarche d’une famille nigériane gouverne aveuglément sa femme et ses deux enfants. Aucune déviance n’est tolérée. Pourtant dans la communauté que forme le quartier, ce père de famille est reconnu et apprécié comme un modèle de bonté tant pour sa ferveur religieuse que pour sa grande générosité à l’égard des siens dans le besoin. Mais de retour dans sa concession, il se comporte en tyran. Pris par ses démons, il n’hésite pas à torturer ses enfants. L’ordalie faite, tel un malade de sa foi, il n’a de cesse de geindre et de s’excuser auprès de sa famille. Ainsi, l’auteur peint ce mal universel qu’est le fanatisme. Un mal qui sera fatal à l’un des membres de la famille.

***Buchi Emecheta, « La dot ».

7 août, 2008
Buchi Emecheta, _ NIGERIA _ | Pas de réponses »

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Buchi Emecheta, telle une apprentie ethnologue, profite de la forme romanesque pour sensibiliser les lecteurs au sort des femmes ibos. Dans cette intention, elle s’attache au destin d’Aku-nna qui, à la mort de son père, voit sa mère épouser le frère de son défunt mari en vertu des principes matriarcaux. Une fois Lagos, la métropole économique, quittée, étrangère dans un village où les traditions sont appliquées avec fermeté, la petite et frêle Aku-nna n’a plus ses repères. La seule personne à qui elle s’attache est Chique, l’instituteur. N’étant qu’une enfant, leur relation amicale est tolérée. Mais une fois réglée, Aku-nna accède au statut de femme. Il lui est interdit dorénavant de partager son amour pour Chique, car la lignée de celui-ci prend racine dans l’esclavage. Elle se doit d’épouser un Ibo, si possible du village et le tout avec une bonne dot. Avec ce roman, Buchi Emecheta dénonce les effets d’un corporatisme, d’un isolationnisme séculaires qui pérennisent des coutumes liberticides à l’encontre des femmes. Des traditions qui en dépit de la modernité continuent à se perpétuer… Les changements des mœurs sont encore bien éloignés.

***Buchi Emecheta, « Citoyen de seconde zone ».

7 août, 2008
Buchi Emecheta, _ NIGERIA _ | Pas de réponses »

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Tout comme pour  » la dot  » Buchi Emecheta place au centre de son roman,  » Citoyen de seconde zone « , une femme et ses déboires. Mais la similitude s’arrête-là. Alors qu’Aku-naa est une jeune fille frêle noyée brutalement dans les méandres des droits coutumiers, Adah est une jeune citadine volontaire et ambitieuse. C’est de cette manière qu’elle s’impose tant dans son travail à la mission américaine que dans son quotidien. Au regard des critères traditionnels de la société nigériane, Adah peut être qualifiée comme une femme riche et libre. Pourtant, en dépit de ce statut envié, Adah est animée d’une ambition dévorante, celle de réaliser son rêve à savoir s’installer en Angleterre. Une fois son mariage arrangé célébré, son mari fait prévaloir son ambition à passer son examen de comptabilité à Londres. Adah se sacrifie. Son époux, Francis, partira le premier et tel un maître scout, devra mener de front ses études et la recherche d’un logement nécessaire à une famille qui compte trois puis quatre enfants. Quelques semaines plus tard, à l’arrivée d’Adah à Londres — tout sourire — et de ses enfants, Francis les accueille dans un petit appartement d’une pièce. Ce n’est que la première désillusion ; l’annonce d’une série de contrariétés qui progressivement ruine son rêve. Elle comprend très vite que Londres n’est pas sa ville onirique. En outre, ses tentatives à surmonter les obstacles dévoilent la vraie personnalité de son mari : un couard, un fainéant animé par la cupidité et un égoïsme dénué de tout sens de la responsabilité. Il est temps pour elle de reprendre les rênes et de redevenir cette femme courageuse pour faire face aux nombreux affronts qui parsèment son chemin dans un Londres industriel hostile aux émigrés… Surtout quand ils sont noirs !

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